samedi 26 janvier 2019

Les curiosités du franc CFA - Curiosité n° 3 : "La garantie de la convertibilité du franc CFA"


L’économiste et banquier Cheickna Bounajim Cissé vient de publier « FCFA - Face Cachée de la Finance Africaine » (Ed. BoD, 2019). L’auteur révèle, entre autres, les étrangéités de cette monnaie septuagénaire. En voici quelques extraits du chapitre 4. Focus sur la curiosité n° 3 : "La garantie de la convertibilité du franc CFA".


 P 230-242

Un beau matin à mon réveil, le cerbère de ma résidence était dans une posture bien inhabituelle. Il avait troqué sa tenue de travail contre des habits inhabituels. Sans que j’eusse le temps de lui poser la moindre question, il marcha sur ma langue en me demandant le chemin d’un non-retour. Pour toute raison de sa soudaine décision, il me confia : « Moi je surveille les voleurs, et vous vous me surveillez ! C’en est trop ! Je pars ! » Il faisait ainsi allusion à mes fréquents contrôles nocturnes pour m’enquérir de son état d’éveil.

À des décennies de longueur de cette anecdote, l’Accord de coopération monétaire entre la France et les 15 pays africains de la zone franc recèle bien des curiosités de cette nature. Pour bénéficier de la garantie monétaire de la France, les pays africains de la zone s’obligent à « garantir » le garant en lui confiant au moins la moitié de leurs réserves de change. Et comme ils semblent être très généreux à l’égard de la France, depuis plusieurs années ils domicilient bien au-delà du niveau conventionnel requis. En langage bancaire, quand une institution financière émet localement une garantie sur la base d’une autre donnée par une consœur, on parlera de réémission de garantie. La couverture donnée par les États africains à la France n’est rien d’autre qu’un cash collateral (dépôt en espèces dans un compte dit d’opérations). 
Dans ce cas, autorisons-nous une question essentielle sur le garant : qui garantit qui ? Est-ce la France qui garantit ses partenaires africains pour assurer la convertibilité illimitée du franc CFA ? Ou est-ce que ce sont les États africains qui garantissent le partenaire français pour que celui-ci assure la convertibilité illimitée du franc CFA ? La réponse est vraisemblablement dans la seconde question. Aussi, une quatrième interrogation s’invite dans notre réflexion : n’est-il pas temps pour les 14 États africains de la zone franc d’assurer eux-mêmes, sans intermédiaire, la garantie de leur propre monnaie, si tant est que le franc CFA est le leur et qu’ils ont les moyens d’assurer sa crédibilité ?

La couverture de l’émission monétaire

(…) D’après le Rapport sur la politique monétaire de la BCEAO daté de septembre 2018, « les réserves de change de [l’UEMOA] se sont chiffrées, à fin juin 2018, à 9 627,3 milliards, correspondant à un taux de couverture de l’émission monétaire de 82,0 % contre 80,2 % 3 mois plus tôt. Ce niveau des réserves de change assure 5,4 mois d’importations de biens et services contre 5,3 mois à fin mars 2018.[1] » Autrement dit, les États de l’UEMOA ont assuré un taux de couverture de l’émission monétaire d’un niveau 4 fois supérieur à celui (de 20 %) exigé par le garant (la France) dans le cadre de l’Accord de coopération monétaire qui lie ce dernier aux États africains de la zone franc. 

Cela signifie, selon l’économiste sénégalais Sanou Mbaye, ancien haut fonctionnaire de la BAD, que « les pays membres de la zone franc, si pauvres soient-ils, se voient ainsi privés par la France d’énormes ressources financières qui auraient pu être investies dans les secteurs clefs de leurs économies (production vivrière, éducation, santé, logements et infrastructures). Le plus révoltant dans ce marché de dupes est que la France et ses banques se servent de l’épargne de ces pays pour leur concéder des prêts à des taux prohibitifs. Le comble est que les pays de la zone, non contents de se voir amputer d’une part importante de leurs revenus, sont contraints de s’endetter auprès de la Banque mondiale et du FMI aux conditions drastiques que l’on sait. En se comportant comme des victimes consentantes, lesdits pays n’ont fait que traduire une attitude éminemment freudienne des élites africaines francophones qui confine à l’autoflagellation. Il en résulte que le Programme alimentaire mondial (PAM) doit venir à la rescousse pour nourrir des populations de pays comme le Niger, le Mali, le Burkina Faso, le Tchad ou le Sénégal…[2] »


(…) Sur la période d’analyse (2000-2016), le cumul des excédents des avoirs extérieurs de la BCEAO par rapport au plancher conventionnel de 20 % s’élevait à 71 189,4 milliards de francs CFA, l’équivalent de 14,5 mois du PIB agrégé de l’ensemble des 8 pays de l’UEMOA (58 966 milliards de francs CFA) ! Si cette somme colossale en devises avait été rapatriée, et non monétisée en francs CFA, investie – et non placée – pour financer les investissements productifs des pays de la zone, leur économie aurait présenté un tout autre visage, moins dépendant et plus coruscant. Pour l’économiste Kako Nubukpo, ce taux de couverture « veut dire que nous n’avons plus besoin de l’ “assureur” qu’est la France pour avoir la fixité entre le CFA et l’euro.[3]» « Les dirigeants africains doivent prendre leurs responsabilités. C’est à nous d’assumer notre destin, ce n’est pas à la France de le faire pour nous »,[4] insiste l’ancien ministre togolais.





Questions : Pourquoi avoir assuré et continuer d’assurer un taux de couverture de l’émission monétaire 3 à 5 fois plus élevé que le niveau de 20 % requis par la France, alors que les États de l’UEMOA sont exposés à un sous-financement chronique de leurs économies ? Avec une telle dépendance (d’autres parleront de « servitude »), ces pays peuvent-ils se passer du « parapluie monétaire » de la France et ainsi acquérir leur « souveraineté monétaire » ? Que gagne, réellement, la France en exigeant un tel quantum aux États de l’UEMOA pour garantir leur monnaie ? Quels sont les intérêts que la France compte sauvegarder en maintenant l’accord de coopération monétaire avec les pays de la zone franc ?






(…) De 2004 à 2016, les disponibilités extérieures des pays membres de l’UEMOA déposées sur leur compte d’opérations ouvert dans les livres du Trésor français se situaient bien au-deçà du taux conventionnel de centralisation de 50 % convenu avec la France…


(…) Sur la période sous revue, le cumul des excédents des avoirs en devises domicilié à tort sur le compte d’opérations se chiffrait à 3 832 milliards de francs CFA. Le graphique ci-dessous retrace cette évolution. Ce surplus aurait pu être utilisé au bénéfice des populations africaines. 


(…) Question : Pourquoi domicilier au Trésor public français des réserves de change jusqu’à plus de 9 points au-dessus du taux conventionnel de 50 %, si le sous-jacent (les économies des pays de l’UEMOA qui portent le franc CFA) manque cruellement de moyens financiers pour se développer ?


On voit bien que les textes fondateurs de la zone franc, sans composer avec ses règles fondamentales (plancher de 20 % du taux de couverture de l’émission monétaire et domiciliation de 50 % des réserves de change sur le compte d’opérations) admettent quelque souplesse. 

Où est alors le problème ? Pourquoi les marges de manœuvre autorisées, tout au moins sur le plan juridique, ne sont-elles pas utilisées par les pays de l’UEMOA ? Pourquoi les dirigeants de la sous-région continuent-ils de stocker au Trésor français des avoirs bien au-delà de leurs engagements contractuels, hors de leurs frontières ; alors qu’intra-muros, leurs populations manquent de tout et même de l’essentiel : alimentation, santé, logement, éducation, transport, eau, électricité… et que leurs entreprises et industries se débattent pour accéder aux moyens financiers nécessaires à leur création et à leur développement ? Si cette énorme « épargne morte » ne sert pas les économies des pays de la zone, à qui profite-t-elle ? Au nom de quelle politique monétaire, de quelle gestion des réserves de change, de quelle règle prudentielle ou conventionnelle, en est-on arrivé à ce paradoxe, à priver sur plusieurs années des pays pauvres, en grande souffrance économique et sociale, de leurs devises, ressources indispensables pour le développement ? 

Cette situation explique en grande partie le sous-financement bancaire des économies locales. Oui, les États africains de la zone CFA souffrent. Oui, les populations continuent de patauger dans la pauvreté et la misère. Elles souffrent de faim, de malnutrition, de maladies, de soif, d’obscurité, d’analphabétisme, et tout le toutim. Oui, le monde de l’entreprise, dont l’industrie constitue l’appendice, est à la peine, avec à peine quelques unités fonctionnelles. 


Le très officiel Rapport Védrine, conçu et rédigé par des experts aux compétences avérées, reconnaît clairement, chiffres à l’appui, que les performances des pays francophones sont moins fortes que celles des pays anglophones et lusophones. « Et en comparaison des autres pays, les taux de croissance de la zone CFA sont moins élevés sur les 10 dernières années », ajoutent les auteurs du rapport, qui s’empressent d’ajouter que « ce différentiel négatif de croissance s’explique en grande partie par l’instabilité politique passée de la Côte-d’Ivoire et, dans une moindre mesure, de la République centrafricaine.[5] »


Que dire de la justesse de la vision des dirigeants du Liban (1948) et des pays d’Afrique du Nord de se retirer de la zone franc dès les premières années de leur indépendance et de battre leur propre monnaie ? En 1957, le Maroc crée sa Banque centrale et quitte la zone franc. Il sera suivi, un an après, par la Tunisie. L’Algérie leur emboîte le pas en créant sa propre monnaie (dinar algérien) le 1er avril 1964. Ces pays sont-ils moins développés que ceux qui ont choisi de rester dans la zone franc ou de faire des allers-retours pour finalement y demeurer ? Assurément, non. Tous les pays cités frappent depuis quelques années à la porte de l’émergence économique…


A suivre...




Cheickna Bounajim Cissé, FCFA : Face Cachée de la Finance Africaine, (Editions BoD, 452 pages, 29 euros). Contact : cbcisse@yahoo.fr

Économiste et essayiste, il est le Président de la Commission « Banques & Compétitivité » du CAVIE (Centre Africain de Veille et d’Intelligence Économique). Titulaire d’un MBA de l’Université de Paris Dauphine et de l’IAE de Paris, il est détenteur d’un Master professionnel Sciences Politiques et sociales – option Journalisme de l’Institut Français de Presse (Université Panthéon-Assas), possède une Maîtrise en gestion des entreprises de l’ENA de Bamako et est diplômé d’études supérieures en Banque (ITB – CNAM de Paris). Il est l’auteur de l’acronyme MANGANESE, désignant neuf pays africains émergents ou en voie de l’être. Contributeur pour plusieurs médias et auteur de plusieurs publications, dont « Construire l’émergence, un pacte pour l’avenir » (BoD, 2016), il se définit comme un « émergentier », un activiste de l’émergence de l’Afrique.

























[1] En ligne : www.bceao.int/sites/default/files/2018-09/Rapport_CPM_Septembre_2018_version%20finale_pour_mise_en_ligne_VF.pdf
[2] En ligne : http://mbaye.info/2016/04/13/les-avatars-du-franc-cfa-flux-des-capitaux-et-regression-economique-en-afrique-francophone/2751
[3] Le Monde.fr, « Le franc CFA freine le développement de l’Afrique », Entretien avec Kako Nubukpo, propos recueillis par Raoul Mbog, op. cit.
[4] Le Monde.fr, « Le franc CFA freine le développement de l’Afrique », Entretien avec Kako Nubukpo, propos recueillis par Raoul Mbog, op. cit.
[5] Hubert Védrine, Lionel Zinsou, Tidjane Thiam, Jean-Michel Severino et Hakim El Karoui, Un partenariat pour l’avenir : 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France, ministère de l’Économie et des Finances, décembre 2013, en ligne : www.tresor.economie.gouv.fr/File/393414

Les curiosités du franc CFA - Curiosité n° 1: "La fabrication du franc CFA en France".


L’économiste et banquier Cheickna Bounajim Cissé vient de publier « FCFA - Face Cachée de la Finance Africaine » (Ed. BoD, 2019). L’auteur révèle, entre autres, les étrangéités de cette monnaie septuagénaire. En voici quelques extraits du chapitre 4. Focus sur la curiosité n° 1: "La fabrication du franc CFA en France".






Chapitre 4 : CFA, Curiosité Financière de l’Afrique ?   

P 176

« Quand votre chien attrape l’improbable, les curieux et les musards vous feront perdre la journée », préviennent les sages africains. De l’avis de nombreux spécialistes, la zone franc et sa monnaie, le franc CFA, constituent le seul système monétaire au monde à avoir survécu à la décolonisation du continent. Au-delà de cette étrangeté historique, la monnaie septuagénaire recèle d’autres curiosités plus bouleversantes, parmi lesquelles huit ont retenu notre attention. Nous allons essayer de les exhumer pour vous en exposer les entrailles. Les cinq premières constitueront la trame de ce chapitre, et les trois autres seront développées dans le chapitre 5 consacré au CFA en tant que « Confort Financier pour l’Afrique » :

•          La fabrication du franc CFA en France

•          La garde de l’or des banques centrales africaines en France

•          La garantie de la convertibilité du franc CFA

•          La fuite des capitaux de la zone franc

•          La politique de communication des banques centrales africaines de la zone franc

•          La pénurie des petites coupures de francs CFA

•          La faiblesse du commerce au sein de la zone franc

•          La sous-bancarisation des populations africaines et le sous-financement des économies locales

De ces différentes étrangetés, les anti-CFA ont trouvé la fenêtre de tir idéale pour tirer à boulets rouges sur la monnaie septuagénaire, son contenant, son émetteur et son garant.

P 177-211

Curiosité no 1 : La fabrication du franc CFA en France

« Fabriqué en France et utilisé en Afrique  », telle est la formule choc utilisée par le journaliste Guillaume Poingt pour qualifier le franc CFA qui a cours légal, pouvoir libératoire et qui constitue une valeur de refuge dans 14 pays de la zone franc…
(…) Qui la fabrique ? Où est-elle exactement fabriquée ? Et à quel coût ? Voilà quelques points qui sont peu abordés dans les médias et les forums. Et les rares fois où ce fut le cas, cela a soulevé plus de fantasmes que d’analyses objectives. Nous allons essayer de lever le lièvre en espérant que des esprits plus alertes l’attraperont.
En incipit, une précision d’ordre réglementaire s’impose. Elle est rappelée par la BCEAO dans une note d’information de novembre 2016 consacrée à ses signes monétaires : « Les règles fondamentales de gestion des signes monétaires…
(…) Revenons au franc CFA, pour préciser que la fabrication de la monnaie septuagénaire à l’extérieur de son aire d’utilisation n’est pas une exception en Afrique. Bien au contraire, c’est une pratique largement répandue dans cette partie du monde. Et c’est là-dessus que les cfiles phosphorent pour battre en brèche les critiques des cfobes, argumentant que la fabrication de billets en francs CFA est une opération purement commerciale sans aucun lien avec la monnaie. Ils ont tort. On y reviendra…

Le coût de fabrication du franc CFA


Au niveau de la zone UMOA, les dépenses d’entretien de la circulation fiduciaire pèsent sur les comptes de gestion de sa banque centrale. Elles ont représenté 27 659 millions de FCFA pour l’année 2017, soit 16,2 % de ses charges d’exploitation générale et 8,9 % du produit net bancaire. Au total, sur la période 2004-2017, l’entretien de la circulation fiduciaire a coûté 347 319 millions de FCFA (soit 529 millions d’euros) à la BCEAO. Ce montant comprend l’achat des signes monétaires, les frais liés à leur transport et à leur assurance. Ces frais d’approche ont représenté 16 % du coût global de la fabrication…

(…) l’externalisation de la fabrication du franc CFA en dehors du continent africain est une imposture économique et financière. Pour au moins deux raisons essentielles.

Comme indiqué plus haut, la matière utilisée pour la fabrication des billets de banque est un papier à base de fibres de coton. La France ne produit pas un gramme de coton sur son sol. L’UEMOA compte en son sein deux des plus gros producteurs de cette plante en Afrique, à savoir le Mali et le Burkina Faso, qui ont produit respectivement 647 000 tonnes[1] et 683 000 tonnes[2] de coton durant la campagne 2016 / 2017. Moins de 3 % de cette production est transformée sur place par les industries textiles locales. L’essentiel (97 %) est exporté, à l’état brut, avec une faible valeur ajoutée pour les pays producteurs.
Ensuite, les dépenses d’entretien de la circulation fiduciaire pèsent sur les comptes de gestion des banques centrales de la zone franc. Pour la BCEAO, elles ont représenté plus de 27,6 milliards de FCFA en 2017, soit 16,2 % de ses charges d’exploitation générale et 8,9 % du produit net bancaire. Au total, comme le tableau plus haut le montre, la fabrication du franc CFA a coûté aux contribuables de l’UEMOA la somme faramineuse de 320 milliards de FCFA (soit 487 millions d’euros) sur la période 2004-2016. Ce constat est partagé par l’institution communautaire, qui indique que « les coûts d’approvisionnement en signes monétaires constituent une part importante des charges d’exploitation de la Banque centrale, consécutivement à l’accroissement des prix de fabrication et des volumes de billets et pièces de monnaie à commander pour faire face à la demande. »[3]


Le rôle de la France peut-il se résumer à celui d’un prestataire (fabricant de billets) pour les PAZF ? Assure-t-elle leur tutorat monétaire ? Ou est-elle leur censeur monétaire ? Pourquoi ne laisserait-elle pas les pays africains fabriquer leur propre monnaie ?
Là aussi, il sera imprudent de chercher les vraies raisons dans le creux des chiffres, encore moins dans les calebasses dogmatiques, doctrinaires et philosophiques. La réponse va être simple. Tout d’abord, expliquons l’intérêt financier de cette activité. Certes, comme indiqué plus haut, la fabrication du franc CFA représente un coût important pour la BCEAO (…). Pour la France, cette « grosse somme » d’argent (vue de l’Afrique) est aussi épaisse dans les comptes de sa banque centrale qu’un papier pelure. En effet, elle ne pèse que 0,5 % du chiffre d’affaires de la Banque de France[4].

L’hypothèse financière ainsi mitigée, une seule raison peut justifier l’attitude de la France : son statut de garant de la convertibilité illimitée du franc CFA. En effet, conformément à l’Accord de coopération monétaire[5], la convertibilité des monnaies émises par les différents instituts d’émission de la zone franc (BCEAO, BEAC et BCC) est garantie par la France, sous la double réserve que le taux de couverture de l’émission monétaire soit au moins égal à 20 % des réserves de change, et qu’au moins la moitié de ces dernières soit déposée sur le compte du Trésor public français. Dès lors, il est aisé de comprendre la position de la France à travers une question simple et de bon sens : si on laisse les pays africains de la zone franc fabriquer leur monnaie, ne seront-ils pas tentés de faire fonctionner la planche à billets ? En d’autres termes, sauront-ils faire preuve de « sagesse monétaire » dans la production des précieux sésames ? Rien n’est moins sûr, peut-on susurrer de l’autre côté de la Méditerranée. En effet, dans le chaudron africain, il y a suffisamment matière à réflexion pour alimenter une posture anxiogène chez les autorités françaises. Les appels répétés de certains dirigeants africains à la réémission monétaire (double utilisation des réserves de change déposées sur le compte d’opérations ouvert auprès du Trésor français après avoir consommé la contrepartie en francs CFA), les instabilités politiques (coups d’État, rébellions, soulèvements populaires), et de plus en plus, les attentats terroristes dans cette partie de l’Afrique ne sont guère rassurants pour les « garants ». Depuis quelques années, les pays africains de la zone franc donnent l’impression d’être des pétaudières, un concentré de tous les maux du continent. Les satrapes et leur coterie ont souillé l’histoire de cette zone…


Pourquoi les pays africains de la zone franc ne fabriquent-ils pas leur propre monnaie sur leur sol ? Traduit bucoliquement : les sols africains de la zone franc ne sont-ils pas assez fertiles pour l’ensemencement des pièces de monnaie et des billets de banque ? Les raisons avancées sont différentes, selon qu’elles émanent du centre ou de l’ouest du continent. 
La question prend une tout autre allure lorsqu’elle est posée par le journaliste Alain Fauka au gouverneur de la BCEAO : « Aujourd’hui, en 2017, les Africains ne sont-ils pas capables de fabriquer leur monnaie à eux, et qu’ils sont obligés de retourner à l’ancienne métropole pour fabriquer leurs billets ? [6] » Voici la réponse du patron de la Banque centrale ouest-africaine : « Nos économies aujourd’hui, et cela est valable pour beaucoup de pays africains, n’ont pas les moyens de fabriquer leur monnaie sur place parce que ce ne serait pas rentable. […]  Il n’y a que 8 ou 9 pays sur les 52 pays africains qui fabriquent leur monnaie. […] Et c’est peut-être que tout simplement, soit la taille de leurs économies ou leurs besoins ne peuvent pas justifier l’implantation d’une fabrique de monnaie. Parce que d’abord, c’est une technologie qui est très chère et qui évolue très vite. Et puis, c’est une technologie qui est concurrencée par les faussaires. Car autant vous avancez, les faussaires aussi avancent. [7] » S’agissant du choix du lieu de fabrication du franc CFA, le gouverneur de la BCEAO a soutenu que c’est une opération purement commerciale qu’il faut déconnecter de la monnaie. Il s’empressa d’ajouter que « la France ne décide pas d’imprimer un billet et de nous le donner », avant d’insister : « C’est nous qui décidons que ça soit fabriqué là où nous souhaitons que ça se fabrique. […] Puisque nous avons pris l’habitude de le faire [en France] et qu’ils font quelque chose qui satisfait à nos besoins, alors à ce moment-là, il n’y a pas de raison pour qu’on change. […] La seule chose qui peut changer, c’est au niveau des prix. Nous sommes très sensibles au prix, parce qu’autant nous ne pouvons pas fabriquer de billet parce que ça coûterait trop cher pour nos petites économies, autant nous sommes très regardants sur les prix. […] Pour arriver à avoir un billet qui soit parfait et qui convienne à l’utilisation des populations, ça met du temps. Pourquoi ? Parce qu’il y a des effets climatiques. Un billet qui circule dans une partie de l’Afrique qui est humide ne doit pas avoir la même consistance qu’un billet qui circule dans le Sahel.[8] ». 
En Afrique centrale, l’hebdomadaire Jeune Afrique[9] rapporte que les autorités de la BEAC justifieraient l’externalisation de la fabrication de leur monnaie par l’absence de « compétence pointue » en leur sein. Incroyable ! Si cette information se confirmait, ce serait une véritable claque, et surtout un cinglant discrédit pour l’intelligence africaine. Que l’on ne sache pas créer ou même innover en Afrique, cela peut s’admettre – encore que – mais qu’on ne puisse même pas copier ou simplement répéter ce qui se fait de bien ailleurs depuis des siècles, c’est plus que décevant ; c’est déchirant, à la limite offensant, et même avilissant. 
Le très sérieux journal français Libération, dans un billet daté du 4 février 2000 et consacré à la grève des employés de l’imprimerie de la Banque de France en Puy-de-Dôme, a publié l’interview d’un salarié qui s’est fait l’écho de propos attribués à son patron. Le directeur du site de fabrication de billets aurait associé les Africains au « sida ». Ouvrez bien les quinquets, les mots sont glaçants : « Un jour, à l’arrivée d’une délégation de la Banque des États d’Afrique centrale, il a sorti “voilà les porteurs de sida”.[10]» Info ou intox ? Si cette information se confirmait, ce serait très grave et surtout très humiliant. 

Le regretté professeur Joseph Ki-Zerbo a raison : vous ne pouvez pas dormir indéfiniment sur la natte des autres et bien vous en porter. Tôt ou tard, vous finirez bien par entendre des propos pour le moins désobligeants. Les argentiers africains sont prévenus. Ils n’ont qu’à bien se tenir. Six décennies à faire d’incessants va-et-vient entre la France et leur pays pour la fabrication de leur propre monnaie, ça commence à dater et à formater. D’ailleurs, et ce n’est pas nouveau, les paroliers bambaras rappellent une vérité primaire : « Après 10 ans à élever l’âne, si vous ne parvenez pas à comprendre sa langue, au moins vous connaîtrez beaucoup de chemins. » Sinon, dans quel contexte peut-on situer les récents propos licencieux de Donald Trump, qui ne s’est point gêné pour qualifier certains États africains de « pays de merde » (« shithole countries[11] ») ? 

Au-delà des protestations, des indignations et même des récriminations de l’opinion publique africaine, n’y a-t-il pas mieux à faire pour répondre aux grivoiseries répétées du président américain, notamment par la capacité et l’intelligence des Africains à changer fondamentalement et définitivement le visage de leur continent, de zones de conflits et de pauvreté en havres de paix et de prospérité partagée ? Comme le dirait l’autre : « Monsieur Trump ! Continuez à nous vilipender, peut-être que notre salut viendra de là. »
Le président américain peut-il qualifier la Corée du Sud, l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour ou la Thaïlande de « pays de merde » ? Assurément, non. Pourtant, au début des années soixante, presque tous ces pays étaient aussi pauvres que la majorité des États africains de la zone franc. Qu’ont-ils fait pour accéder au statut respectable et respecté de « Nouveaux pays industrialisés (NPI) » alors que les pays africains de la zone franc (PAZF) continuent à pointer, sans discontinuité, sur la liste peu enviable des pays les plus pauvres de la planète (PMA et PPTE) ? Certes, l’Afrique ne dispose pas d’arme dissuasive comme la Corée du Nord, mais elle a une arme explosive qui s’appelle « jeunesse » qui peut imploser à tout moment. Ce constat n’est pas simplement personnel, c’est une réalité partagée par tous, y compris par les dirigeants africains. 
Le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara, lors de l’ouverture du 5e Sommet Union africaine – Union européenne sur le thème : « Investir dans la jeunesse pour un avenir durable », a déclaré : « […] la jeunesse de la population africaine, dont plus de 60 % a moins de 25 ans. Ceci constitue une opportunité, mais aussi un risque si l’on n’offre pas à cette jeunesse, la formation, les emplois et les espoirs auxquels elle aspire légitimement.[12] » Le chef de l’État guinéen Alpha Condé, à l’époque président en exercice de l’Union africaine (UA), a été moins diplomate sur le sujet : « Nous sommes assis sur une bombe, nous avons 70 % de la population qui a moins de 25 ans. Si nous ne réduisons pas le problème de l’emploi jeune, nous allons tous sauter.[13] » Depuis quelques années, l’Europe s’organise, en grande pompe et en toute pompe, pour qu’elle ne subisse pas les dégâts collatéraux de cette « déflagration humaine ».

Au vu de toutes ces réalités, n’est-il pas temps, et même grand temps, que les dirigeants africains arrêtent de tendre la sébile, afin de s’occuper, enfin et sérieusement, de leurs pays avant que ceux-ci ne disparaissent définitivement, emportés par les flots des banalités, des obscénités, des trivialités, des vulgarités et des voracités des « requins » de ce monde, pour qui la « prédation » est une nécessité de survie ?
Au niveau de la zone UEMOA, le directeur national pour le Sénégal de la BCEAO, Ahmadou Al Aminou Lô, invité du « Grand Jury » du 10 septembre 2017 de la Rfm, a brisé le silence. Il confirme la fabrication du franc CFA (XOF) en France, en précisant : « Ce n’est pas l’ancienne puissance coloniale. Encore une fois, c’est la Banque de France qui dispose d’une usine de fabrication, qui propose des prix, qui a un partenariat privilégié avec la BCEAO, qui permet d’avoir un prix de revient très bon, qui permet d’avoir des délais de réponse très bons […]. » Le haut fonctionnaire de la Banque centrale ajoute : « Imprimer un billet de monnaie, c’est de la haute technologie. […] L’impression des billets nous coûte annuellement entre 25 milliards et 35 milliards de francs CFA. Parce que nous les faisons fabriquer. Imaginez qu’on ait une usine, peut-être que nous aurions des coûts de fabrication moindres, mais dans l’amortissement du bien peut-être qu’on pourrait se retrouver avec 60 milliards à amortir chaque année […] et on fera une perte dans les bilans de la Banque centrale […] une banque centrale indépendante doit tout faire pour ne pas faire des pertes.[14] » Cette sortie de ce responsable de la BCEAO, plus que souhaitable, reste néanmoins très critiquable. Pour au moins quatre raisons.
Primo. Le statut de la Banque de France[15] est très clair. C’est une institution dont le capital appartient [exclusivement] à l’État (article L. 142-1). Les biens immobiliers appartenant à la Banque de France sont soumis aux dispositions du Code général de la propriété des personnes publiques applicable aux établissements publics de l’État (article L. 144-2-1). En clair, c’est bien « l’ancienne puissance coloniale », en l’occurrence la France, qui fabrique le franc CFA, à travers l’imprimerie de sa banque centrale (la Banque de France). 

Secundo. Avancer le chiffre de « 60 milliards de FCFA » (le double du coût actuel de la fabrication fiduciaire) comme pouvant être l’annuité d’amortissement d’une imprimerie fiduciaire de « haute technologie » est une démarche quelque peu hasardeuse pour justifier l’externalisation de la fabrication du franc CFA en France. D’après le rapport annuel de la BCEAO, « les amortissements sont calculés suivant la méthode linéaire, sur la base de la durée de vie utile estimée de l’immobilisation[16] », et les « constructions » sont amorties sur 20 à 60 ans. Même en prenant la borne inférieure comme référence (hypothèse basse), l’investissement de l’implémentation d’une unité de fabrique monétaire se chiffrerait à 1 200 milliards de francs CFA, soit 1,8 milliard d’euros. La BCEAO a-t-elle fait faire des études de faisabilité d’un tel projet ? Si oui, quelles en sont les grandes conclusions ? En attendant de disposer d’éléments de réponse, donnons quelques indications. Sur la foi de ses propres statistiques, la BCEAO a déboursé la rondelette somme de 320 milliards de FCFA (soit 487 millions d’euros) sur 13 ans, de 2004 à 2016, pour imprimer sa monnaie en France. D’après le gouverneur de la Banque de France, la construction d’une nouvelle imprimerie à Vicomte et le déménagement de celle de Chamalières sur le nouveau site coûteront à l’État français 200 millions d’euros[17].
Quelle est la durée de vie probable d’une imprimerie fiduciaire ? Pour tenter de répondre à cette autre question, prenons comme référence la Banque de France, qui fabrique à Chamalières plusieurs monnaies, dont les francs CFA. Sur son site officiel[18], la banque centrale française nous apprend que sa production a commencé à l’automne 1918. D’après son gouverneur François Villeroy de Galhau, l’imprimerie de Chamalières devrait rester en fonction jusqu’en 2022-2023, date à laquelle elle déménagerait à Vic-le-Comte, aux côtés du centre de fabrication de papier [19]. Les deux bornes étant précisées, la durée de vie de l’usine de Chamalières serait de 104 ans, une longévité suffisante pour assurer un retour sur investissement quels que soient les scénarii d’un business plan exigeant.

Tertio. Sur la base des états financiers certifiés de la BCEAO pour l’exercice clos le 31 décembre 2016, le résultat net a été de 114,6 milliards[20]. Comment cette banque centrale peut-elle faire une perte avec une charge supplémentaire de 35 milliards de FCFA (60-25), avec même l’hypothèse improbable d’un amortissement annuel de 60 milliards de FCFA que pourrait engendrer l’imprimerie fiduciaire ? À moins qu’il y ait des coûts cachés qui nous auraient échappé.
Quarto. Si l’offre de la Banque de France est aussi attrayante, comme le laisse dire le haut responsable de la BCEAO, avec certainement un rapport qualité-prix compétitif, pourquoi, en dehors des 15 pays membres de la zone franc qui sont liés historiquement et juridiquement à l’ancienne puissance coloniale, Madagascar est-il le seul pays africain à lui confier la fabrication de ses billets de banque ?
Comment le Maroc, qui était dans la même configuration que les pays africains actuels de la zone franc, a-t-il pu s’émanciper de la tutelle monétaire française en créant en mars 1987 sa propre unité de fabrication de billets de banque, de pièces de monnaie et de documents sécurisés (Dar As-Sikkah[21]), « bâtie sur un site hautement sécurisé, de 10 hectares, à proximité de l’aéroport de Rabat-Salé », pour ainsi reprendre les indications fournies par le site officiel de la Banque centrale marocaine (Bank Al Maghrib[22]) ? Qu’importe qu’il bénéficiât d’une assistance technique étrangère[23], au moins l’honneur est sauf !

En vérité, aucun obstacle financier ou technologique ne peut s’opposer à la fabrication de la monnaie africaine sur le sol africain, et par des techniciens africains. Et le contexte le justifie pleinement, comme l’a rappelé la BCEAO en novembre 2016 : « un accroissement continu de la demande des agents économiques, un renchérissement des coûts d’approvisionnement en billets et pièces de monnaie et le développement des techniques de contrefaçon[24] ». Par contre, il y a un déterminant essentiel qui fait généralement défaut en Afrique : la volonté politique. À quelques exceptions près, presque tous les dirigeants africains de la sphère francophone du continent gèrent un « temps de présence ». Sitôt installés, ils s’investissent pour le « prochain mandat », en cherchant la bienveillance de puissances étrangères (surtout la France), pour lesquelles ils montrent « patte blanche » et affichent de « larges sourires », en multipliant et en démultipliant les « gestes de bonne volonté ».
(…) Il semble – c’est une déduction – que le problème soit pris très au sérieux au niveau de la zone UMOA. La BCEAO, à travers son nouvel organigramme[25] du 23 avril 2018, a opéré des changements importants qui vont dans le sens de nos réflexions. L’ancienne « Direction générale des opérations et des activités fiduciaires » a été scindée en deux : la « Direction générale des opérations de marché et des systèmes de paiement » et la « Direction générale des activités fiduciaires et de caisse ». Cette évolution organisationnelle s’est aussi traduite par la création d’une « Direction des études et de la production fiduciaires ». En creux, on peut aisément deviner que le régulateur, en se dotant d’une structure spécifique pour les études fiduciaires, indépendante de la « Direction des études et de la recherche » a le souci de mieux adresser le volet fiduciaire de son activité, et que des études approfondies seront faites pour permettre aux autorités politiques de trancher la question sensible, mais ô combien importante pour les populations de la zone, de l’implémentation, intra-muros, d’une imprimerie fiduciaire (…).

A suivre…


Cheickna Bounajim Cissé, FCFA : Face Cachée de la Finance Africaine, (Editions BoD, 452 pages, 29 euros). Contact : cbcisse@yahoo.fr

Économiste et essayiste, il est le Président de la Commission « Banques & Compétitivité » du CAVIE (Centre Africain de Veille et d’Intelligence Économique). Titulaire d’un MBA de l’Université de Paris Dauphine et de l’IAE de Paris, il est détenteur d’un Master professionnel Sciences Politiques et sociales – option Journalisme de l’Institut Français de Presse (Université Panthéon-Assas), possède une Maîtrise en gestion des entreprises de l’ENA de Bamako et est diplômé d’études supérieures en Banque (ITB – CNAM de Paris). Il est l’auteur de l’acronyme MANGANESE, désignant neuf pays africains émergents ou en voie de l’être. Contributeur pour plusieurs médias et auteur de plusieurs publications, dont « Construire l’émergence, un pacte pour l’avenir » (BoD, 2016), il se définit comme un « émergentier », un activiste de l’émergence de l’Afrique.









[1] En ligne : www.essor.ml/campagne-cotonniere-2016-2017-le-mali-conforte-sa-bonne-position/
[2] En ligne : www.agenceecofin.com/coton/2404-46812-le-burkina-faso-a-produit-683-000-tonnes-de-coton-durant-la-saison-2016/2017
[3] BCEAO, Note d’information no 1, « Émission des signes monétaires et entretien de la circulation fiduciaire », novembre 2016 ; en ligne : www.bceao.int/sites/default/files/inline-files/depliant_emission_signes_monetaire.pdf
[4]Au 31 décembre 2017, le produit net des activités de la Banque de France est de 8 187 millions d’euros ; en ligne : https://publications.banque-france.fr/sites/default/files/medias/documents/817401_ra2017_web_avec-signets_20180413.pdf
[5] L’Accord de coopération monétaire du 4 décembre 1973 entre la France et les pays membres de l’UMOA.
[6] En ligne : www.rfi.fr/emission/20171001-rester-sortir-franc-cfa
[7] En ligne : www.rfi.fr/emission/20171001-rester-sortir-franc-cfa
[8] En ligne : www.agenceecofin.com/finances-publiques/1610-51206-tiemoko-meyliet-kone-nos-economies-n-ont-pas-les-moyens-de-fabriquer-leur-monnaie-sur-place-parce-que-ce-ne-serait-pas-rentable
[9] En ligne : www.jeuneafrique.com/430034/economie/desintox-non-franc-cfa-ne-sera-fabrique-cameroun/
[10] Libération, « Il y a de l’abus sur la planche à billets. Ras-le-bol des salariés de la Banque de France à Vic-le-Comte et Chamalières », 4 février 2000, en ligne : www.liberation.fr/futurs/2000/02/04/il-y-a-de-l-abus-sur-la-planche-a-billets-ras-le-bol-des-salaries-de-la-banque-de-france-a-vic-le-co_316617
[11] « Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ? » Évoquant plusieurs nations africaines, le Salvador et Haïti, le président des États-Unis s’est emporté jeudi 11 janvier 2018 lors d’une réunion sur l’immigration, rapporte le Washington Post ; en ligne : www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/01/12/trump-traite-haiti-et-des-nations-africaines-de-pays-de-merde_5240652_3222.html#hKkkOa97hzoc3foz.99 
[12] En ligne : www.presidence.ci/allocution-de-sem-alassane-ouattara-a-la-ceremonie-douverture-du-5e-sommet-union-africaine-union-europeenne/
[13] En ligne : www.rfi.fr/emission/20171129-alpha-conde-probleme-entre-jeunesse-africaine-dirigeants
[14] En ligne : www.seneweb.com/news/Economie/debat-sur-le-cfa-les-verites-du-directeu_n_227045.html
[15] Il s’agit d’une institution bicentenaire, de capital privé lors de sa création le 18 janvier 1800 sous le Consulat, puis devenue propriété de l’État le 1er janvier 1946 lors de sa nationalisation par le général de Gaulle (loi du 2 décembre 1945).
[16] En ligne : www.bceao.int/IMG/pdf/bceao_-_etats_financiers_au_31-12-2016_vf_sans_couleur_.pdf
[17] « Pour mémoire, nous avons pris deux décisions essentielles sur l’outil industriel de la Banque de France. Une nouvelle papeterie à Vic-le-Comte (elle est en cours de réalisation) et une nouvelle imprimerie qui sera réalisée d’ici 2022-2023 », explique le gouverneur. Pour la Banque de France, cette opération de déménagement et de construction d’un nouveau site représente un investissement de plus de 200 millions d’euros. Celui­ci inclut le transfert de l’imprimerie et celui du centre fiduciaire, qui assure la gestion de l’approvisionnement en billets de la partie sud de la France, le stockage de billets imprimés et le tri de billets sortis de circulation. » En ligne : http://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand/economie/btp-industrie/2017/02/10/banque-de-france-le-demenagement-l-imprimerie-de-chamalieres-a-vic-le-comte-confirme_12278735.html#
[18] « Les premières livraisons ont lieu l’année suivante. En renfort des ateliers du siège parisien, la mission première de l’imprimerie de Chamalières est de fournir des coupures au pays. Mais la Banque de France est fortement sollicitée également par des pays amis et par les banques privées, qui émettent des billets dans les colonies et dépendances. Ainsi, dès son origine, le site de Chamalières produit pour des clients extérieurs » ; en ligne : www.banque-france.fr/fileadmin/user_upload/banque_de_france/La_Banque_de_France/Pan_int_Partie_3_V4_du_14_nov_BAT.pdf
[19] En ligne : www.lamontagne.fr/clermont-ferrand/economie/btp-industrie/2017/02/10/banque-de-france-le-demenagement-l-imprimerie-de-chamalieres-a-vic-le-comte-confirme_12278735.html
[20] En ligne : www.bceao.int/IMG/pdf/bceao_-_etats_financiers_au_31-12-2016_vf_sans_couleur_.pdf
[21] À ses débuts, Dar As-Sikkah (l’Hôtel des monnaies) a démarré avec une première ligne de production de 140 millions de dirhams [actuellement FCFA 8,4 milliards], puis une deuxième au début des années 1990. En 1997, un nouveau parc de presses monétaires a été acquis, et en 2001, une chaîne automatique de confection de passeports. Hormis la fabrication de passeports et de timbres fiscaux, Dar As-Sikkah produit également des documents sécurisés ainsi que des objets spécifiques. Elle fabrique également les vignettes automobiles. (wikipedia.org). Depuis son inauguration en date du 5 mars 1987, Dar As-Sikkah n’a cessé de voir ses activités se développer puisque plusieurs ministères et établissements publics ont eu recours à ses services pour la fabrication de documents sécurisés tels que les timbres fiscaux, les vignettes automobiles, les permis de chasse et de port d’armes, et les chéquiers. (site institutionnel de Bank Al Maghrib, en ligne : www.bkam.ma)
[22] Site institutionnel de Bank Al Maghrib (en ligne : www.bkam.ma)
[23] D’après Jeune Afrique, « Crane Currency a signé fin 2014 un accord de coopération avec Bank Al-Maghrib », en ligne : www.jeuneafrique.com/mag/367665/economie/impression-francs-cfa-fierte-lemporte-raison/
[24] BCEAO, Note d’information no 1, « Émission des signes monétaires et entretien de la circulation fiduciaire », novembre 2016 ; en ligne : www.bceao.int/sites/default/files/inline-files/depliant_emission_signes_monetaire.pdf
[25] En ligne : www.bceao.int/sites/default/files/inline-files/organigramme23042018.pdf

dimanche 20 janvier 2019

FCFA, Face Cachée de la Finance Africaine




https://www.financialafrik.com/2019/01/19/cheickna-bounajim-cisse-fcfa-face-cachee-de-la-finance-africaine/


EXCLUSIF – « FCFA : Face Cachée de la Finance Africaine ». C’est le titre du dernier ouvrage de l’”émergentier” Cheickna Bounajim Cissé, banquier malien dont les chroniques, tranchantes, sont souvent aux antipodes des positions ce qu’il est convenu d’appeler la doxa. Financial Afrik publie en exclusivité les bonnes feuilles de cet ouvrage choc de 452 pages (éd. BoD, déc. 18) qui constitue d’emblée comme une nouvelle pièce à verser dans le dossier Franc CFA.
La question du franc CFA (pour mieux dire des francs CFA), utilisée par 14 pays africains, est sensible, et même ultra-sensible. Elle a même un penchant corrosif. « Qui s’y frotte, s’y pique ! », mettent en garde plusieurs observateurs. Ils ont tort d’avoir raison. La monnaie septuagénaire ne peut être dispensée de critiques dès lors qu’elle ne fut pas soustraite de l’existence. Défendue par les cfiles cloués au prisme scientifique et académique, et pourfendue par les cfobes cloutés par l’idéologie dogmatique et utopique, elle polarise l’attention. Elle est de nouveau sous les feux des projecteurs. De la place de l’Obélisque à Dakar aux ruelles fumantes de Poto-Poto à Brazzaville, de la lagune Ébrié en Côte-d’Ivoire au centre-ville bouillant de Douala, l’odeur de la colère des jeunes Africains, abusés et désabusés au-dedans, chassés et pourchassés au-dehors, ne cesse de fumer et d’enfumer l’antre de la zone franc. Dans ce marmitage médiatique et numismatique, il y a trop de spéculations et d’approximations. Bien souvent, ceux qui en parlent en savent peu ; et ceux qui savent en disent le moins possible. Entre les pro-CFA et les anti-CFA, il y a la vie de 164 millions d’Africains qui mérite le plus grand soin.
Le franc CFA est-il la face cachée de la finance africaine ? Cet ouvrage se propose de lever un coin de voile sur cette ancienne monnaie coloniale qui a survécu à la décolonisation du continent. Sans faux-fuyant et avec des éléments factuels, l’auteur vous livre toute la vérité sur le franc CFA, des raisons de la réticence de la France à mettre fin à la «tutelle monétaire», au refus des dirigeants africains de construire leur «souveraineté monétaire». Depuis 26 ans, il égrène le chapelet des significations possibles de l’acronyme « CFA » : Crime Français en Afrique, Convoitise Française en Afrique, Cause de la Faillite de l’Afrique, Curiosité Financière de l’Afrique, Confort Financier pour l’Afrique, Colère Fumante de l’Afrique… pour finalement s’interroger sur le grain fatal : Crise Financière de l’Afrique.


lundi 14 août 2017

MALI : CONFERENCE CAVIE SUR L'INTELLIGENCE ECONOMIQUE

Une première au Mali !
Le Président de la Commission "Banques & Compétitivité" du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE), Cheickna Bounajim Cissé a organisé une conférence-débat le vendredi 11 août 2017 à Bamako sur le thème : ” L’Afrique face à la compétition mondiale: le rôle de l’intelligence économique”.
Le conférencier était le Président du CAVIE, Guy Gweth. Les échanges ont duré près de 4 heures d’horloge.
L’émergentier Cheickna Bounajim Cissé a demandé aux autorités maliennes de saisir l’opportunité pour bâtir un véritable dispositif national d’intelligence économique. Il a invité les organisations faîtières du monde des entreprises à doter leurs adhérents de véritables outils de compétitivité dans un monde de plus en plus ouvert et globalisé.




Suivez le reportage de la chaîne de télévision malienne l'ORTM diffusé à leur JT de 20H du 13 août 2017.  


Merci beaucoup à la Radio Energie FM 107.9 pour leur remarquable reportage diffusé le 14 août 2017 dans leur grande édition de midi.